Terre des Chèvres
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"Le pâturage des chèvres : un peu, beaucoup, passionnément, ..."

Pour répondre directement aux exigences d’autonomie alimentaire et économiques des élevages caprins, à l’occupation des surfaces et des territoires et au développement de fromages valorisés sous signe de qualité, le pâturage s’avère une solution intéressante. Dans une situation où des surfaces proches de la chèvrerie sont accessibles, cette technique permettra de diminuer significativement l’utilisation de concentrés dans la ration et contribuera à réduire la consommation d’énergie directe et indirecte en élevage. L’animal récolte son fourrage et épand ses déjections évitant ainsi les consommations liées à la récolte et à la distribution des fourrages, et en partie la gestion des effluents.

L’herbe pâturée ou utilisée en vert constitue un fourrage d’une très haute valeur alimentaire grâce une densité énergétique et protéique élevée. Au printemps, une prairie de Ray Grass/Trèfle blanc, par exemple, présente une valeur alimentaire de 1 UFL et de 120 g de PDIN par kg de matière sèche (MS), soit l’équivalent d’un concentré de type « chèvre laitière » à 18% de Matière Azotée Totale (MAT). Les achats d’aliments se trouvent alors réduits par la pratique du pâturage. Le coût de production de cette herbe pâturée avoisine les 0,03 et 0,04 €/kg de MS contre un prix d’achat compris entre 0,20 et 0,24 €/kg pour un concentré de production. En période de lactation et de pâturage, l’apport optimisé de concentré à l’auge varie entre 0,5 et 0,8 kg par chèvre et par jour. Sans pâturage, cet apport dépasse, souvent largement, 1kg de concentré par jour soit une possibilité de réduction importante de la charge alimentaire au pâturage, dans la mesure où les fourrages pâturés sont de bonne qualité. Le pâturage peut prendre différentes et quelques heures de pâturage peuvent rapidement se traduire par une diminution de la quantité annuelle de concentrés utilisés. Toutefois, des nématodes vivent sur les prairies et, une fois ingérés par la chèvre, infestent son appareil gastro-intestinal. La chèvre est une espèce très sensible au parasitisme en affectant parfois de manière importante son niveau de production. Cette contrainte du parasitisme représente le principal facteur limitant à l’utilisation et au développement du pâturage dans les systèmes d’élevages caprin. La conduite du pâturage doit donc impérativement tenir compte de cette contrainte au travers d’une gestion intégrée du parasitisme. Grâce aux travaux menés par l’Anses, le CIVAM du Haut-Bocage et l’Inra (projet STReP – métaprogramme GISA), des actions conjointes peuvent être mis en œuvre sur l’ensemble du cycle du parasite, en renforçant les défenses de la chèvre (ration équilibrée, génétique), en régulant la population de vers adultes (traitements sélectifs, utilisation de plantes à action anthelminthique) et régulant la source de contamination (gestion du pâturage et du parcellaire). En lien avec les éleveurs du CIVAM du Haut-Bocage, la plateforme expérimentale Patuchev a mis en place un suivi mensuel de groupe et trimestriel par individu du niveau d’infestation parasitaire permettant d’évaluer les choix techniques appliqués (pâturage tournant rapide, alternance pâturage/fauche, traitements sélectifs, plantes contenant des tanins condensés dans les mélanges prairiaux) et d’utiliser le pâturage pour assurer la durabilité des systèmes d’élevages caprins.

Journée technique CapVert Atelier_D_pâturage,_un peu beaucoup, passionnément from Institut de l’Elevage on Vimeo.

Atelier le pâturage des chèvres : un peu, beaucoup, passionnément... from Institut de l'Elevage - Idele

Intervenants  : Hugues Caillat (Inra), Carine Paraud (Anses), Félix Muller et François Marquis (Civam du Haut-Bocage)