Terre des Chèvres
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"Le séchage en grange, une assurance récolte... mais à quel prix ?"

Le séchage en grange, encore peu développé dans les élevages caprins de Poitou-Charentes et des Pays-de-la-Loire, permet de produire un aliment de qualité en s’affranchissant partiellement des aléas climatiques. L’infrastructure équipée d’un capteur solaire construite sur la plateforme Patuchev de l’Inra, vise à conjuguer rentabilité économique et respect de l’environnement en évaluant les performances permises par cette technique.

  • Comment fonctionne le séchage du foin en grange ?

La technique est originaire des montagnes de la Suisse et de l’Est de la France. L’objectif : préserver la qualité de l’herbe verte. L’herbe est récoltée à un stade précoce et le foin engrangé avec 45 à 60 % de matière sèche, limitant le temps de séchage au champ (environ 48 h) et les altérations chimiques et mécaniques (faneuse, UV, rosée…). Les pertes de valeur alimentaire sont ainsi minimes. Le foin termine de sécher en grange, via un air chaud soufflé par dessous. Quels sont les facteurs clefs pour réussir son séchage en grange ?

  • Avoir une bonne maîtrise agronomique de la prairie et gérer une ration à base de foin ventilé

Modifier et maîtriser son système fourrager est essentiel, afin d’engager au mieux le changement de système. Trouver le bon compromis entre valeur alimentaire, fibrosité physique et capacité à sécher, est un véritable jeu d’équilibriste, pour savoir quelles espèces implanter ! Certaines, comme les ray-grass et le trèfle violet, sèchent mal et collent dans le séchoir. Il faut privilégier les espèces diploïdes, moins riches en eau, et conserver des espèces moins feuillues pour laisser au foin une certaine fibrosité physique. Les éleveurs privilégient la prairie multi-espèces, pour ses intérêts agronomiques, sa flexibilité de conduite et la complémentarité des espèces. Quant à la conduite alimentaire du troupeau, elle devra être adaptée, en ajustant l’apport de concentrés aux quantités et à la qualité du foin ventilé apporté. Il faudra aussi favoriser la rumination, par l’apport de fourrage fibreux.

  • Apprendre la technique de séchage du foin en grange

L’éleveur doit maîtriser la technique, ce qui demande souvent un apprentissage. Visiter d’autres installations est vivement recommandé. La réussite tient à trois facteurs clés : faucher précocement (dès le début de l’épiaison ou du bourgeonnement) puis toutes les 6 semaines en période de pousse, afin de ne pas se laisser dépasser par l’herbe ; respecter le dimensionnement et la capacité du séchoir lors des fauches ; et ventiler tout le temps lors de l’entrée du foin puis fractionner le séchage.

  • Bien réfléchir son investissement !

D’après les résultats d’une enquête réalisée par le réseau REDCap en 2014, installer un séchage en grange implique un gros investissement : entre 100 et 250 k€ selon la taille du troupeau, essentiellement pour construire la structure (bâtiment, cases de 6m3 par chèvre, capteurs : environ 65€/m3, soit 400€/chèvre), mais aussi pour s’équiper en matériel de manutention (griffe) et de séchage (ventilateurs). Outre une faucheuse, la récolte nécessite une autochargeuse. Il faut donc avoir une bonne marge brute et maîtriser la conduite de son troupeau et de ses prairies, avant d’envisager un tel investissement. Enfin, le bâtiment doit faciliter l’accès de l’éleveur aux différents types de foin et leur distribution. Là encore, la visite de plusieurs installations est recommandée. Les éleveurs enquêtés sont confortés dans leur choix du foin ventilé, avec selon eux des conditions de travail plus agréables.

Journée technique CapVert_Atelier_E_Séchage en Grange from Institut de l’Elevage on Vimeo.

Intervenants  : Benoît Ranger (INRA), Virginie Tardif (Elevage Conseil Loire Anjou), Lucie Quilleré (Segrafo).