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Des références techniques caprines sur les méteils

Des références techniques caprines sur les méteils

Les méteils : « on sait ce que l’on sème… On constate ce que l’on récolte… »

Jeudi 14 avril 2016, une cinquantaine d’éleveurs et de techniciens caprins se sont réunis en Vendée pour échanger sur les mélanges céréales-protéagineux (communément appelés méteils), récoltés en grains, dans le cadre du REDCap.

Un itinéraire technique « simple » : on sème-on récolte… Etienne Guibert, de la Chambre d’Agriculture de Vendée, rappelle que d’un point de vue agronomique « les méteils permettent des économies en intrants, en jouant sur les complémentarités entre céréales et légumineuses sur l’utilisation de l’azote, et en ayant un effet positif sur la rotation (notamment une meilleur structuration du sol) ». Lorsque l’on construit un mélange, il faut prendre en compte divers éléments, dont le contexte pédoclimatique, la sociabilité, la résistance aux maladies et à la verse et la valeur alimentaire des espèces implantées. Les céréales (telles que le triticale, l’épeautre, l’avoine) serviront souvent de « tuteur » aux protéagineux. L’orge et le blé sont moins conseillés, car plus sensibles aux maladies. Les principaux protéagineux utilisés sont le pois fourrager (le pois protéagineux étant plus gélif et plus court), la vesce, le lupin ou la féverole (servant également de tuteur). Etienne Guibert précise également qu’ « en présence de reliquats azotés dans le sol, il faut diminuer un peu les proportions de céréales ».

Un comptage nécessaire pour connaître la valeur alimentaire du méteil Théophane Soulard, d’Atlantic Conseil Elevage 17-85, poursuit en présentant les éléments clefs pour valoriser cet aliment : « Les chèvres et le chevrettes consomment le méteil, en graine entière ou aplatie. Selon les rations et les stades physiologiques des chèvres, cela peut représenter entre 300 et 500 g par chèvre (soit 100-150 kg/chèvre/an). On peut également donner jusqu’à 50 kg/chevrette en méteil ». Pour affiner la ration, Théophane Soulard rappelle qu’ « il est essentiel de connaître les proportions des différentes espèces » dans le mélange récolté. « Un échantillon de 250-300 g de méteil doit être trié par espèce puis pesé. Connaître la proportion massique de chaque espèce est essentielle pour déterminer la valeur alimentaire du méteil, par comparaison avec les tables Inra ou une analyse biochimique. C’est long, mais c’est impératif pour prévoir le rationnement ». Par ailleurs, la culture associée de céréales et de protéagineux permet un gain en valeur protéique, par rapport à la culture en pure.

Encadré témoignage d’éleveur : Alain Chaigneau est éleveur de chèvres en Vendée. Il produit 230 000 L de lait, avec 280 chèvres conduites selon le cahier des charges de l’Agriculture Biologique. Pour Alain, « l’autonomie alimentaire est une priorité en élevage Bio, les achats d’aliments sont trop coûteux ! Pour les fourrages, je suis autonome… pour la complémentation, c’est plus compliqué… ». Il cultive ainsi des méteils depuis plusieurs années, qu’il distribue à hauteur de 300g par jour. Son mélange actuel est composé de 130 kg/ha de triticale, 80 kg de féverole, 30 kg de pois et 10 kg d’avoine par hectare. Le mélange récolté a été trié par son conseiller d’élevage, afin de déterminer la valeur alimentaire du méteil.