Le projet Batcool a suivi 56 élevages pour cartographier le confort thermique dans chaque bâtiment. A la clé, de bonnes pratiques et adaptations pour faire face aux chaleurs estivales. A Patuchev, la ventilation a été améliorée et une aire d’exercice mise en place. Nous expliquerons les raisons de ces choix et les conséquences.
Le changement climatique s’exprime de plus en plus par la manifestation d’épisodes caniculaires et par la diminution de la ressource fourragère en été, ce qui contraint les éleveurs à rentrer leur troupeau plus fréquemment. Les animaux logés en bâtiment pendant la période estivale sont exposés à un stress thermique qui peut altérer leur bien-être et leurs performances à court et moyen terme. Pour les élevages qui ont des mises à la reproduction en été, le stress thermique peut également décaler les chaleurs, diminuer la fertilité et provoquer de l’infécondité. Assurer un confort optimal en bâtiment en été est conjointement lié avec le fait d’avoir un bâtiment sain. Une ambiance moins chaude et moins humide sera également moins propice au développement des micro-organismes indésirables.
Évaluer le stress thermique
Il y a quatre paramètres d’ambiance qui ont un impact sur le stress thermique des animaux : la température, l’humidité, la vitesse de l’air et les rayonnements. Pour objectiver le confort des animaux, il existe des indices de confort thermique calculables. Le THI (Temperature Humidity Index) est facile à calculer, néanmoins, il ne prend en compte que la température et l’humidité. Le HLI (Heat Load Index) est plus complet, car il prend en compte les quatre paramètres qui entrent en jeu dans la régulation du stress thermique, cependant sa mesure nécessite un matériel spécifique (anémomètre et thermomètre à globe noir). Au niveau des animaux, la posture, la répartition et la fréquence respiratoire sont des indicateurs de stress thermique. Les animaux en inconfort seront en général agglutinés dans les zones les plus favorables, privilégieront la position debout et auront une fréquence respiratoire plus rapide en haletant.
Améliorer les conceptions et les équipements pour gérer le stress thermique en bâtiment
Le projet Casdar Batcool a suivi 56 élevages pour cartographier le confort thermique à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. A la clé, de bonnes pratiques et adaptations pour faire face aux chaleurs estivales. A Patuchev, la ventilation a par exemple été améliorée et une aire d’exercice mise en place.
Créer de larges ouvertures permet d’avoir des bâtiments moins chauds et moins humides par rapport aux bâtiments fermés ou modérément ouverts. L’idéal est de pouvoir créer de larges ouvertures en parties basses, directement au niveau des animaux afin de favoriser l’effet « ventilateur naturel ». Un faîtage partiellement ouvert ou fermé rend le bâtiment plus humide et plus chaud par rapport à un bâtiment comportant un faîtage ouvert en intégralité. Cette solution de ventilation naturelle transversale sera d’autant plus efficace que le bâtiment sera étroit pour bénéficier d’un bon balayage de sa largeur.
L’orientation du bâtiment a un impact sur l’ambiance générale. Une orientation nord-est / sud-ouest exposera un des longs-pans au soleil tout au long de la journée et particulièrement au moment des heures les plus chaudes, l’intérieur sera plus chaud par rapport aux autres orientations. La présence de plaques éclairantes en toiture produit des puits de chaleur qui engendrent une augmentation de la température intérieure. Il est donc recommandé de privilégier l’entrée de lumière en façade plutôt qu’en toiture. Pour limiter les rayonnements, il est également possible de mettre en place des débords de toiture, notamment au sud, afin de protéger les façades du soleil. L’isolation est également intéressante pour tamponner la température dans le bâtiment et limiter la forte augmentation de la température l’après-midi.
Les brasseurs, les extracteurs ainsi que la brumisation n’ont pas montré de résultats favorables. Pour la ventilation mécanique, cela s’explique par le fait que les extracteurs ont une action très restreinte en été et les brasseurs sont souvent placés dans des contextes déjà défavorables. La brumisation augmente significativement l’humidité à l’intérieur sans en diminuer la température. Dans tous les cas, ces solutions sont à utiliser en seconde intention, avec précaution et avec l’accompagnement d’un conseiller bâtiment.