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"Implantation des prairies : qui sème bien, récolte mieux !"

"Implantation des prairies : qui sème bien, récolte mieux !"

Tour d’horizon des facteurs pouvant avoir une influence sur la qualité de l’implantation des prairies...

Réussir l’implantation de la prairie, c’est s’assurer une prairie de bonne qualité, pérenne et productive… et donc la production d’un fourrage de qualité pour les chèvres ! Quatre facteurs ont des conséquences importantes sur la qualité de l’implantation : le précédent, la période de semis, la technique du semis et les conditions climatiques suivant le semis.

  • Positionner son semis à l’automne ou au printemps ne se fait pas au hasard

Un semis de printemps est plus favorable aux légumineuses, mais il réduit la production de l’année du semis avec un risque accru de salissement et de pertes liées à une sécheresse printanière. Le semis d’automne permet une production au printemps suivant, ainsi qu’une couverture hivernale du sol. Mais les risques de gelées sont plus importants, et la période (jours décroissants, température en baisse) sont moins favorables aux légumineuses. L’idéal est de semer avant une légère pluie. Les stades repères à atteindre pour limiter les impacts négatifs des gelées hivernales ou d’une sécheresse printanière sont le stade 4-5 feuilles pour les graminées et le stade 2-3 feuilles trifoliées pour la légumineuse. Concrètement, dans l’Ouest, un semis d’automne de légumineuse doit se faire fin août ou tout début septembre et un semis de printemps entre mi-février et début avril.

  • Et pourquoi ne pas sécuriser avec un semis sous couvert ?

Un semis sous couvert (tournesol, céréale de printemps, méteil par exemple) peut sécuriser l’implantation à l’automne ou au printemps. Une implantation de la culture annuelle et de la prairie courant octobre est alors possible. Les essais réalisés à la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou montrent que l’impact est nul ou positif sur le rendement de la céréale en fourrage et que l’impact est nul à faible (-30 %) sur le rendement de la céréale en grain. Cette conduite permet également de limiter le salissement, de contourner l’aléa « fin d’été sec », tout en assurant une bonne implantation de la prairie, notamment des légumineuses. Un calcul gagnant pour la prairie et la culture !

  • Préparer un lit de semence fin, émietté en surface et rappuyé en profondeur

Après avoir choisi la période de semis, il est nécessaire de bien préparer le sol, c’est-à-dire avoir un sol propre, grâce à du labour et/ou du faux-semis, et un lit de semence fin (< 0,5 cm), émietté en surface, et rappuyé en profondeur. Ceci favorisera la germination et un accès rapide de la graine à la lumière et à l’humidité du sol. Une conduite simplifiée après une céréale est conseillée, pour conserver la structure du sol en profondeur (déchaumage, outil à dents ou Covercrop puis rouleau). En termes de densité de semis, il faut viser un objectif de 500 plants levés/m², soit semer trois fois plus de graines, c’est-à-dire 1000 à 1500 graines/m². Cela correspond à 25-30 kg/ha pour une prairie multi-espèces, 15 à 20 kg/ha pour une luzerne. Si vous semez de la luzerne (en pur ou en mélange), l’inoculation est conseillée, pour favoriser l’implantation de cette espèce et assurer la pérennité de la prairie. Des luzernes pré-inoculées sont commercialisées pour faciliter le semis. Le semis ne doit pas être trop profond : 1 cm est suffisant pour la majorité des espèces prairiales (hormis le brome et le sainfoin, qui sont des graines plus grosses). Une étude a en effet montré que l’optimum de levée est atteint à 1 cm de profondeur. À 4 cm de profondeur, la moitié des graines de dactyle, fléole et fétuque élevée ne lèvent pas. À 3 cm, seules 20 % des graines de trèfle blanc lèvent !

  • Pour faire un bon semis, la vitesse d’avancement du tracteur ne doit pas être supérieure à 3-4 km/h

Un semoir à céréales (semis en ligne) avec un écartement resserré et en bottes relevées peut être utilisé pour des prairies en pur ou en mélange. La graine est ainsi légèrement recouverte de terre et la distribution se fait un peu plus aléatoirement. Si vous disposez de deux semoirs en combiné, l’un centrifuge, l’autre en ligne, il est possible d’effectuer le semis en deux temps : les graminées en ligne, les légumineuses à la volée. La couverture est alors optimale et permet de mieux limiter le salissement. Éventuellement, il est possible d’utiliser un semoir en ligne, en croisant les longueurs de semis. L’objectif reste toujours de limiter l’alignement des semences, et les espaces « vides » des inter-rangs, où les adventices se développeront rapidement. Un passage de rouleau avant et après le semis est toujours essentiel, pour assurer le contact sol-graine. Le rouleau est « l’ami du semeur » ! Il faut être capable de « rouler à vélo » sur la prairie semée.

Intervenants : Patrice Pierre (Institut de l’Elevage), Aude Brachet (Chambre d’Agriculture de Maine et Loire), Sébastien Bessonnet (Chambre d’Agriculture de Charente-Maritime)

Documents

Panneau semis

Panneau semis

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