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[070] Atelier G : Une prairie ou des prairies ? Parlons-en

[070] Atelier G : Une prairie ou des prairies ? Parlons-en

Concevoir mon système fourrager : quelles espèces ? Comment semer ? Quelle conduite ?

Concevoir un système fourrager à base d’herbe offre une multitude de possibilités à l’éleveur : de la prairie semée en pur au mélange multi-espèces. Une difficulté majeure reste le choix des espèces à associer. La démarche du REDCap démarrée en 2012 et affinée en 2015 et 2017 apporte un exemple.

Sélectionner la ou les espèces à implanter

En premier lieu, on se réfère à la pérennité. Un pool d’espèces est disponible pour un couvert de 1 ou 2 ans maximum. Ray-grass d’Italie ou hybride, associé ou non à un trèfle, assureront quelques coupes volumineuses. Cela conviendra très bien par exemple en dérobée avant une culture de printemps. Au-delà de cette durée et dans une stratégie de réduction des intrants, on privilégiera la diversité et les espèces pérennes. La présence de luzerne et de fétuque élevée dans les mélanges REDCap permet d’envisager une pérennité de 3 à 5 ans. Une fois semée, les caractéristiques de la parcelle (pH, hydromorphie) et les pratiques de l’éleveur (implantation, fertilisation, mode de récolte) feront évoluer la composition initiale. Le choix des espèces devra donc se faire en lien avec ces critères.
-  Les mélanges proposés par le REDCap se différencient par leur adaptation au niveau d’humidité de la parcelle (parcelle séchante ou fraîche). Des espèces comme la fléole et le trèfle hybride s’accommodent bien d’une hydromorphie hivernale. La luzerne et le lotier corniculé préfèrent les sols sains voire séchants. D’autres variables propres au sol (profondeur, pH) ou au climat (intensité de la sécheresse estivale, températures extrêmes) peuvent aussi guider les choix d’espèces.
-  D’autres caractéristiques des espèces, comme leur port, déterminent leur adaptation à la fauche (ex : luzerne, trèfle violet) ou au pâturage (ex : ray-grass anglais, trèfle blanc). Pour une utilisation mixte, une stratégie est de les combiner. C’est celle que nous avons adoptée. Engazonnement et productivité garantis ! En mélange, 5-6 espèces suffisent. Sur des « terres à luzerne », un mélange riche en luzerne, avec une petite dose de trèfles peut suffire pour éviter les désherbages.

Choisir les variétés les plus adaptées

Le choix des variétés permet de renforcer l’adaptation du mélange à la parcelle et à l’exploitation prévue. On distingue les critères de facilité d’utilisation, de rendement et de qualité alimentaire. La remontaison de certaines graminées, la ploïdie, la teneur en sucres, et des traits d’appétence sont à choisir selon l’objectif de stock et/ou pâture. Les précocités sont à réfléchir selon la localité géographique, le mode de récolte voire la période de production ciblée. Consulter Herbe-book pour connaître l’ensemble des possibilités.

Définir les doses et proportions

Les proportions sont à moduler selon l’agressivité de certaines espèces, ainsi que l’appétence pour l’animal valorisant la prairie. Pour la chèvre, le trèfle blanc est considéré moins appétant que le trèfle violet et la luzerne. Leurs proportions respectives ont été ajustées en conséquence. L’objectif de peuplement à la levée doit être de 500 plantes/m², en comptant 50% de pertes pour les petites graines. Le calculateur du GNIS simplifie la conversion des proportions des espèces à leur dose de semis respective. La dose totale varie entre 25 et 30 kg, et peut être ajustée avec le temps et l’expérience. Faire les bons choix à la conception, c’est se donner les chances de voir toutes les espèces s’exprimer convenablement à un moment de la vie de la prairie. À chaque parcelle, une combinaison possible.

Intervenants : Pauline Gauthier (Chambre d’Agriculture 16), Emmeline Beynet (Chambre d’Agriculture 17), Patrice Pierre (Institut de l’Elevage), Philippe Desmaison (FRAB), Fabien Richard (REDCap)  

Documents

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