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Prendre conscience et s'adapter face au changement climatique

Prendre conscience et s’adapter face au changement climatique

Lancement des groupes d’éleveurs pilotes sur le changement climatique

Les éleveurs de chèvres de Nouvelle-Aquitaine débutent une réflexion sur l’adaptation de leurs systèmes face au changement climatique. Six groupes d’éleveurs et leurs conseillers vont remettre en question leurs systèmes fourragers, leurs pratiques et leurs cultures, afin de s’adapter à ce challenge.

+ 4°C en moyenne en Nouvelle-Aquitaine d’ici 2100

Entre le début et la fin du siècle, la température moyenne en Nouvelle-Aquitaine passera de 12-14°C à 16-18°C (scénario RCP 8.5 et modèle Aladin de Météo-France). Cette augmentation de la température sera globale sur toute l’année, mais plus marquée en été. En août, les températures maximales moyennes seront supérieures aux températures connues actuellement de +5 à + 7°C. Les précipitations auront tendance à très légèrement diminuer (en moyenne annuelle).

Un pic de production d’herbe au printemps en moyenne plus fort et plus précoce

Les calculs d’indicateurs agro-climatiques locaux montrent qu’à court terme (d’ici 2050) les rendements annuels des prairies ne seront que légèrement impactés. En effet, l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère est favorable à la photosynthèse, et la pluviométrie reste constante. Par contre, à plus long terme, les rendements seront plus impactés, notamment par les augmentations de la température et les déficits hydriques. La répartition de la pousse de l’herbe sera également modifiée : elle sera plus précoce et plus forte. Par conséquent, la mise à l’herbe pourrait être avancée de 15 jours et les premières coupes d’enrubannage d’un mois d’ici la fin du siècle. En revanche, les conditions météorologiques (durée du jour, pluviométrie) seront similaires à celles que nous connaissons. Par conséquent le séchage et l’accès aux parcelles ne seront pas simplifiés.

Des sécheresses estivales de plus en plus marquées

Le déficit hydrique (cumul de pluviométrie - évapotranspiration) sera de plus en plus marqué en fin de printemps et durant l’été. La sécheresse débutera plus tôt, sera plus marquée et plus longue. Le déficit hydrique estival passera de 100 mm dans les années 1980 à 200 mm vers 2100. On imagine très bien les conséquences sur les prairies : un creux d’été dans la pousse de l’herbe plus précoce et plus long. Les semis des prairies avec luzerne seront également de plus en plus aléatoires en fin d’été.

De l’herbe d’automne à valoriser

En moyenne, les repousses automnales seront plus importantes que par le passé. Il sera nécessaire de les valoriser pour conforter le stock fourrager. Cela sera également valable pour l’herbe d’hiver, dont la croissance se poursuivra (mais comment utiliser cette herbe, quelle valeur alimentaire, … ?). Trouver les espèces fourragères capables de repousser rapidement après la sécheresse estivale sera un enjeu fort.

Des années climatiques de plus en plus extrêmes

Au-delà de l’évolution moyenne du climat, il faudra également prendre en compte une plus grande variabilité entre années de la température et de la pluviométrie. Ainsi, la croissance de l’herbe restera variable, tout comme les conditions de récolte. Il faudra d’autant plus sécuriser son système fourrager.

Prise en compte du bien-être des chèvres

Sur la 2ème moitié du siècle, les épisodes caniculaires seront plus fréquents et plus longs que celui connu en 2003 par exemple. Il faudra prendre en compte la ventilation et la température de la chèvrerie, l’abreuvement des chèvres, la possibilité de pâturer ou de sortir les chèvres dans des aires d’exercice plus fraîches et ombragées.

5 zones d’étude et 35 éleveurs de chèvres mobilisés

Dans le cadre de notre projet, cinq zones caprines sont étudiées : le Bocage et le Mellois (79), le Nord de la Charente (16), la Creuse (23) et la région de Périgueux (24). Chaque groupe de 6-7 éleveurs étudiera les adaptations à mettre en place sur des systèmes caprins typiques de leur zone. Jusqu’en janvier 2021, les 6 groupes d’éleveurs travailleront sur l’adaptation de leurs systèmes fourrager et cultural, ainsi que sur la conduite du troupeau, pour proposer des systèmes caprins résilients face au changement climatique. Les systèmes construits seront évalués d’un point de vue économique, environnemental, social et organisation du travail, avant leur diffusion.

Ce projet de 3 ans est piloté par le BRILAC, avec l’ensemble des structures de conseil, de formation et de recherche de la région, structuré au sein du réseau REDCap. Il bénéficie du soutien financier de la région Nouvelle-Aquitaine et de l’Europe.

Jérémie Jost (Institut de l’Elevage – REDCap), Romain Lesne (Ardepal), Marie Lecarme (Idele), Marie-Gabrielle Garnier et Laurène Robin (Saperfel), Manon Bourasseau (Civam HB), Amélie Villette (CA 24) et Manon Proust (Copavenir), l’équipe de conseillers et d’animateurs des 6 groupes-pilote sur le changement climatique - février 2020